Dernière modification le 28/09/2011 à 11h29

Parmi les nombreux tours que la suffisance a joué aux archéologues, un des plus savoureuxOu lamentables ? C'est selon… concerne le dossier préhistoire, rubrique peintures rupestres, alinéa chasse gardée. Aujourd'hui encore, certains titulaires frileux frémissent à l'évocation de son nom de code, pour eux tristement célèbre : l'affaire Altamira.
Dans le monde, ils ne sont que quelques centaines d'universitaires à étudier la préhistoire. Une communauté très fermée qui porte d'écrasantes responsabilités. Pour peu qu'un leader charismatique émerge au sein du groupe, ses théories deviendront l'idéologie régnante pendant le reste de sa vie. A moins qu'un autre leader, plus puissant ou plus démagogue, ne vienne lui ravir la vedette. La France a été longtemps le seul pays des grottes peintes, ce qui a donné à nos préhistoriens un monopole coulé dans le bronze.
Leur discipline jouit de l'appui total des pouvoirs publics, avec de confortables subventions et le droit d'interdire : les préhistoriens se sont arrangés pour que plus de 90 % des grottes peintes soient fermées au public. Argument allégué : protection des pigments. Conservation des sites. Tout ça est vrai. Mais en attendant, le contrôle total des visites leur permet un contrôle total des théories nouvelles. Ainsi, comme les sites eux-mêmes, leur pré carré est-il entouré de barbelés.

On a beau ne pas donner dans la théorie du complot, on ne peut s'empêcher de voir comment ça marche. Sous ce regard, l'affaire Altamira est un cas d'école. Tout a commencé en 1879, près de Santander en Espagne, quand un archéologue amateur, Marcelino Sanz de Sautuola, fit la découverte de la grotte sur ses terres. Sautuola connaissait bien les grottes françaises avec leurs peintures d'animaux datant de la période glaciaire. Quand il vit les peintures de sa grotte, il les data du quaternaire.
"Bien que Sautuola eut complètement raison à propos de l'ancienneté des oeuvres d'art, il commit néanmoins trois erreurs de taille lorsqu'il chercha à convaincre les universitaires. La première fut d'être espagnol, la deuxième fut d'avoir découvert la grotte en Espagne, et la troisième fut d'avoir été un archéologue amateur," écrit Graham Hancock.Dans son livre Surnaturel, Rencontres avec les premiers enseignants de l'humanité, 2005 Sautuola aurait-il été universitaire, les préhistoriens français l'auraient discrédité pour le seul motif que sa grotte n'est pas en France.
Pour le malheureux archéologue amateur, commence un long calvaire qui ne cessera qu'avec sa mort, miné par la honte et le chagrin, en 1898. Des années durant, les universitaires français ont crié à l'imposture. Des années durant, avec un acharnement rare et une mauvaise foi sordide, les plus éminents universitaires français ont éreinté le pauvre Sautuola. Bien vite, les universitaires espagnols lui refusèrent son soutien, pour ne pas se fâcher avec les préhistoriens français.
C'est une véritable campagne de diffamation qui fut alors orchestrée contre l'archéologue amateur, qui plus d'une fois a dû regretter sa prodigieuse découverte. Outre l'orgueil national mal placé, pourquoi les préhistoriens français boudaient-ils les merveilles de la grotte cantabriqueC'est la région d'Espagne où elle se situe, non loin de Santander, au Pays Basque ? C'est qu'elles étaient trop belles, justement. Les peintures d'Altamira, bien plus finement exécutées que celles de Lascaux ou de Pech-Merle, leur semblaient de modernes contrefaçons.
Il est vrai que les motifs d'Altamira témoignent d'une perfection artistique et d'une maîtrise technique qui laissent nos peintures rupestres loin derrière. Et dans la perspective évolutionniste de l'époque, cette grotte, encore plus ancienne que les nôtres, ne pouvait pas contenir des peintures authentiques aussi abouties. Sinon, l'évolution aurait marché sur la tête.Ce qui est peut-être bien le cas. Voir page On ne peut que déplorer ce type d'attitude chez des scientifiques que leur vocation devrait placer plus haut.
"Si les oeuvres d'art découvertes avaient été primitives, déformées et mal exécutées, personne n'aurait considéré qu'elles étaient en désaccord avec la théorie de l'évolution.Voir Dépasser Darwin Cependant, il se trouva qu'il s'agissait d'oeuvres raffinées et parachevées, des oeuvres qui pourraient être aisément comparées à des oeuvres d'art contemporain. Pouvait-on croire alors que ces techniques avaient été conçues et maîtrisées par des troglodytes, des hommes des cavernes primitifs, qui n'avaient pas encore découvert la charrue?" (source)Garcia Guinea, professeur à l'Université de Santander

On a fini par admettre, à contrecoeur, l'authenticité et la date de ces peintures. On a fini par reconnaître, du bout des lèvres, que Sautuola avait vu juste. Mais l'école française de la préhistoire était bien embarrassée avec ces chefs d'oeuvres sur les bras. Faut-il parler d'art rupestre ? Par endroits les figures se superposent à un point tel qu'il apparaît évident qu'elles n'ont pas été tracées dans un but artistique ni décoratif. Alors qui les a peintes ? Et surtout, pourquoi ?
Nos ancêtres avaient manifestement une bonne raison de se donner toute cette peine, autre que de tuer le temps dans leur caverne en attendant la fin de l'âge glaciaire. Sur cette question majeure, les universitaires ne pipaient mot. Pendant les années qui ont suivi, deux papes se sont succédés à la tête de l'église de la préhistoire, Breuil et Leroy-Gourhan. La question du pourquoi de ces peintures était sans cesse au centre de leurs travaux. A force de silence, cette problématique majeure était en passe de devenir tabou.
Malgré tous leurs efforts, aucun des deux n'a émis une seule hypothèse féconde, tout en empêchant quiconque d'en émettre une. Leurs théories sont nulles et non avenues, tout le monde en convient aujourd'hui. Comme on le conviendra peut-être demain à propos d'autres théories en vogue chez les universitaires actuels, concernant l'ancienneté véritable du SphinxVoir page et de Grande pyramide de Guizeh,Voir La grande pyramide la statuaire monumentale des OlmèquesVoir Grosse tête olmèque ou la pyramide de Bosnie.Voir Bosnie honnie
La question du pourquoi reste en suspens. Les peintres rupestres n'étaient pas des artistes au sens actuel, les grottes n'étaient pas leurs salles d'expositions. Breuil a jadis avancé que les grottes répondaient à une préoccupation religieuse, et les plans de ces dernières se superposaient plus ou moins. Il a soutenu que chaque salle était affectée à un animal différent. Depuis, on s'est aperçu qu'il n'en était rien. Les hypothèses structuralistes de son successeur Leroy-Gourhan n'ont pas donné grand-chose non plus.
Des catalogues, des listes, pas d'idées. Ils sont tous allés chercher très loin dans le mental, victimes de l'excès rationalisteVoir page ; alors que la solution est sans doute là, sous nos yeux.Cliquez sur la touche +