Dernière modification le 31/10/2011 à 10h04

Il y a de rares points de notre planète où les civilisations les plus anciennes semblent avoir prospéré au point de s'y succéder comme nulle part ailleurs. La Mésoamérique en est un parfait exemple. Pourquoi tant de civilisations sont-elles nées ici ?

Le terme de Mésoamérique a été choisi par les archéologues et les historiens engagés dans l'étude de ces civilisations pré-colombiennes qui se concentrent sur le Mexique et les pays voisins, Guatemala, Belize et Honduras.
Ici, les Olmèques, les Toltèques, les Chichimèques, les Mistèques, les Aztèques et les Mayas se sont relayés au fil des siècles. Et cette liste est loin d'être complète ! La Mésoamérique est un berceau de civilisations comparable au Moyen-Orient. Ou plus précisément à la Mésopotamie. Encore méso ? Méso veut dire moyen… Est-ce la zone médiane des continents serait plus propice à la civilisation ? Faut-il y voir une nouvelles application de l'étonnante théorie des climats de Montesquieu ?
Si les historiens ignorent pourquoi ce Moyen-Occident est aussi fécond que le Moyen-Orient, les populations locales le savent. Leurs livres saintsComme le Popol Vuh ou les Codex n'en fait pas mystère : tout a commencé avec les Serpents à plumes.Voir Les plumes du Serpent Détail piquant : les légendes sumériennes racontent que la fécondité de la Mésopotamie vient d'un mystérieux peuple Serpent… Hum. Les ponts entre les deux continents sont si nombreux que l'étoile de découvreur de Christophe Colomb en prend un coup…

Les diverses cultures indigènes qui se sont développées là pendant plus de deux millénairesPlus de deux millénaires pour l'histoire officielle, qui est très myope. Disons plutôt dix millénaires. Ou même plus ! présentent de nombreux traits communs tels que l’existence de grandes cités, une même agriculture avancée basée sur le maïs, les mêmes temples et pyramides, les sacrifices humains, le culte identique et le fameux calendrier cyclique.Voir page Et à partir des Mayas, la même écriture. Ces civilisations qui se suivent et se ressemblent viennent donc d'une source commune.

Ces cultures partagent aussi une mythologie cohérente et vivace, où des dieux volants sont venus après un grand déluge pour apporter la paix et la civilisation aux peuples indigènes. Ces différents traits donnent son unité à la civilisation mésoaméricaine, quelles que soient les différences qu’il est possible d’établir entre des cultures éloignées dans le temps et l’espace telles que celles des Olmèques, des Mayas, des Toltèques, des Totonaques ou des Aztèques.

On peut en proposer une chronologie, du mythe à l'histoire admise.
-10 500 : Période mythique des Quetzalcoatl ou Kukulkan. Un cataclysme planétaire détruit toute société organisée en Amérique centrale. Les Serpents à Plumes façonnent une nouvelle humanité, jouant un rôle de civilisateurs. Ils construisent leur capitale, Teotihuacan. Suit le développement d'une civilisation brillante dont la mémoire s'est transmise à toutes les civilisations suivantes.

La maîtrise de l'hydraulique ou celle de la métallurgie, des mathématiques, de l'art, ainsi que de nombreuses réalisations architecturales majeures pose la lancinante question de l'origineVoir Civilisations orphelines d'un tel savoir.
-8000 : Aux environs de cette date, les dieux volants s'en vont, qui vers l'Europe, qui vers l'Afrique. En Méso-Amérique, les guerres tribales déciment les élites. L'état de nature reprend ses droits jusqu'au début de la période historique, vers -7000.

-7000 -5000 : Avec la période d’El Riego commence l'histoire officielle, selon laquelle il n'y avait rien avant cette date. Des petits groupes itinérants vivant en grotte ou en campement de plein air récoltent des céréales et des plantes comme l’avocat, le piment et la courge.
-5000 : Début de la période dite de Coxcatlàn qui voit l’apparition du maïs domestique. On utilise désormais des meules de pierre pour broyer les plantes récoltées.

-3400 -2300 : Période d’Abejas. Des coupes et des jarres sont façonnées dans la pierre et annoncent les travaux de poterie ultérieurs. La sédentarisation progresse et des villages faits d’habitations circulaires creusées dans le sol apparaissent.Dans cette version des faits qui, à partir de -7000, est celle des archéologues de la vieille école, ces villages sommaires sont les premiers habitats construits par l'homme. Ils oublient la grandiose cité mégalithique de Teotihuacan, ou plutôt ils ont choisi de la dater bien plus près de nous. Les égyptologues nous font la même entourloupe avec les pyramides soi-disant de la Quatrième dynastie, en réalité prédynastiques.
-2300 -1500 : Période de Purron qui marque la fin de la période archaïque de la vallée de Tehuacan. Des conditions exceptionnelles ont facilité les recherches dans cette région mais il est probable que la culture du maïs est apparue ailleurs durant cette longue période archaïque notamment dans les basses terres où ses traces ne se sont pas conservées.

-1200 -400 : Phase de développement de la culture olmèque, illustrée principalement par les sites de La Venta, de San Lorenzo Tenochtitlan et de Laguna de los Cerros, dans les basses terres de Vera Cruz et de Jalisco. La construction de grands sanctuaires, l’usage du jade et de la serpentine, la réalisation de ses fameuses têtes colossales caractérisent cette culture. On a souvent désigné les Olmèques comme les Sumériens du Nouveau Monde. C'est assurément la civilisation mère de laquelle sont issues toutes les autres, par filiation naturelle. Mais la question demeure, plus que jamais cruciale : qui fut la mère des Olmèques ?

-500 : Débuts de la civilisation zapotèque à Monte Albàn où les Mésoaméricains ont peut-être inventé l’écriture et le calendrier. A moins qu'ils ne l'aient reçu en héritage d'une civilisation oubliée, thèse que soutiennent les nouveaux archéologues, et qui semble fondée. Les figurines trouvées en grand nombre dans le Jalisco et le Nayarit, à proximité des côtes pacifiques du Mexique occidental remontent à la même période. (source)www.clio.fr. Ce site fort bien fait ne prend pas parti dans le débat qui nous occupe entre mythe et histoire. Il se contente de la version archéologique officielle, qui comprend de nombreuses insuffisances d'analyses et même des ignorances factuelles à mon sens impardonnables. On entre ici dans l'histoire mieux connue, et moins contestée, de la Mésoamérique.

Comme le lecteur avisé l'aura sans doute remarqué, il y a deux sources distinctes d'informations dans cette chronologie : celles qui décrivent la protohistoire, c'est à dire la période antérieure à -7000, et celles qui concernent l'histoire proprement dite, postérieure à cette même date. Les points de divergence entre l'histoire officielle et la nouvelle archéologie portent sur la protohistoire, cette période floue qui va des ténèbres oubliés jusqu'à l'orée de nos connaissances partagées.c'est à dire la somme de connaissances sur lesquelles il n'y a qu'une seule école de pensée.

Dans cette frange enténébrée, dans cette marche du royaume d'histoire, des éclaireurs circulent. Ils en rapportent des pommes d'or, semblables à celles du jardin des Hespérides. Pathé Diagne est de ceux-là. Selon lui, la Méosamérique était jadis une succursale de l'Afrique noire. Comme tout le reste du continent, d'ailleurs… J'ai été bluffé comme lui par l'énigme des têtes négroïdes géantes du peuple olmèque. J'ai suivi cette piste de la présence noire africaine en Amérique.Voir page et page et page
Mais Diagne est un puits de science. Il va beaucoup plus loin.

Un article sur TANARA, l'Amérique noire précolombienne, est en préparation. Il verra le jour très prochainement.