Dernière modification le 04/10/2011 à 14h20

Phaéton, fils d'Apollon, supplie son père de lui laisse conduire, une seule journée, le char du Soleil. Apollon cède et c'est la catastrophe.

Voici un des épisodes les plus célèbres de la mythologie latine. Laissons Ovide nous raconter la sortie de route de Phaéton, quand le Soleil a brûlé la terreCliquer sur la touche >:
"La terre s'enflamme dans ses éminences d'abord ; la chaleur les entrouvre, et tarit les sucs dont se nourrissent les plantes. Les prairies desséchées blanchissent, les arbres brûlent avec leurs feuilles… Les villes périssent avec leurs murailles ; le feu consume et réduit en cendres les forêts et les monts, les nations et les peuples… La Lybie,Il s'agit de toute l'Afrique du Nord. Le déluge aurait causé le changement de climat dans cette zone, ce qui permet de le dater des environs de -10.000. Voir Le Grand Cataclysme perdant toute son humidité, devint une terre aride… Le Don fume au milieu de ses ondes ; l'Euphrate brûle à Babylone, le Gange, le Phase, le Danube bouillonnent ; les rives du Sperchios sont en flammes.
Les sables dorés du Tage fondent sous la chaleur, et les cygnes brûlent. Le Nil, épouvanté, s'enfuit aux extrémités du monde.… Ses sept bouches desséchées forment de profondes vallées où ne coule plus aucune eau. La terre s'ouvre de toutes parts… La mer se resserre, et ce qui fut jadis le fond de l'océan n'est plus qu'une plaine de sables arides. Des montagnes cachées auparavant dans son sein se montrent, et augmentent le nombre des Cyclades." (source)

Ovide est un poète, pourra-t-on objecter. L'épisode qu'il nous conte n'est qu'un mythe, et les mythes ne sont pas l'histoire. Sauf que Platon va nous démontrer le contraire : pour le grand philosophe, le mythe est "l'écho d'un événement réel."Lisez L'histoire d'avant l'histoire

Jadis, en Egypte, un prêtre dit à Solon :
"Votre pays, comme le nôtre, raconte l'histoire de Phaéton, fils du Soleil, qui attela le char de son père, ne put le maintenir sur le trajet habituel, brûla de ce fait tout ce qui était sur la terre et périt lui-même foudroyé. Cette histoire revêt la forme d'une légende mais en vérité, elle est l'écho d'un événement réel : le bouleversement des corps célestes qui tournent autour de la Terre, et la destruction des choses terrestres par un feu sauvage, qui se produisit à de longs intervalles." (Platon)
L'embrasement du monde est un motif constant. Dans la Bible, le psaume 105 évoque "un fleuve de feu" et le Livre de Daniel un "torrent enflammé". D'autres passages évoquent un embrasement général qui aurait eu lieu dans un lointain passé : la Géhenne de feu, les flammes de l'Enfer, dévorant toute la terre, mythe à l'origine, peut-être, du Buisson Ardent.Voir L'Arche retrouvée Les Aztèques croyaient qu'un des âges passés de l'humanité, ou Soleil,Voir Le Cinquième Soleil s'est terminé par une fournaise totale.

"A cette époque, tout fut détruit par une pluie de feu tombant du ciel et un déluge de lave. Toutes les maisons furent brûlées. Les hommes furent changés en oiseaux pour survivre à la catastrophe."
Selon les indiens de la côte Pacifique de l'Amérique du Nord, "l'étoile filante"Cliquez sur > et "la flèche de feu" allumèrent l'incendie sur la terre : "On ne voyait qu'une marée de flammes ; les roches brûlaient, le sol brûlait, tout brûlait ; la fumée s'élevait en colonnes, en énormes volutes ; les flammes, avec des gerbes d'étincelles, montaient vers le ciel rougeoyant. Le grand incendie faisait rage, grondait sur toute la terre, brûlait les rocs, la terre, les arbres, les gens, brûlait tout. Alors l'eau se rua,Lisez De l'eau partout elle se rua comme des milliers de rivières, recouvrit la Terre et éteignit le feu en déferlant vers le Sud. Elle s'élevait à la hauteur des montagnes."

La mythologie chinoise fait la même description : "Sous le règne de Yao,Lisez YHVH dit-on, eut lieu un prodige : pendant dix jours, le soleil ne se coucha pas, les forêts brûlèrent et tout le pays fut inondé." Une immense vague,On va y venir. Mais les impatients liront déjà La Vague "qui montait jusqu'au ciel", s'abattit sur la terre chinoise. "Les eaux se ruaient à l'assaut des hautes montagnes, et les collines étaient invisibles." Cela rappelle la BiblePsaumes 104 et 107, cités par Velikovsky : "Les eaux recouvraient les montagnes," et "les vagues de la mer soulevées jusqu'aux cieux."
Tohu-bohu, plus rien ne ressemble à rien. On met les morts à table. On prend le Loup FenrirCliquez sur + pour un chien, que Louis Aragon pardonne cette indigne paraphrase de son poème immortel : "C'était un temps déraisonnable / On avait mis les morts à table / On prenait les loups pour des chiens / Tout changeait de pôle et d'épaule / La pièce était tellement drôle / Moi, si j'y tenais mal mon rôle / C'était de n'y comprendre rien." Le monde voit le retour du chaos : c'est la fin de l'ordre cosmique.Cliquez sur la touche + en bas d'écran
Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
Et leurs baisers au loin les suivent
Comme des soleils révolus.
Louis Aragon