Dernière modification le 19/10/2011 à 15h37

Ils sont familiers, mais qui les connaît pour ce qu'ils sont ? Ils sont destinés aux enfants, mais ils enchantent aussi les grands. Ils semblent naïfs, mais leur intériorité est profonde. Si les contes étaient de petites choses sans importance, auraient-ils franchi la barrière du temps ?
Certains mythesVoir L'histoire d'avant l'histoire ont été écrits dans un lointain passé, ce sont tous les textes fondateurs des cultures anciennes, les livres sacrés des différentes religions ; il y sera fait constamment référence dans les pages qui suivent. D'autres mythes se sont transmis sous la forme de contes ou de contines. Loin d'être anodins, ils font partie de notre précieux héritage culturel. Sous leurs faux airs de rengaines, qu'on se souvienne combien sont anciennes quelques-unes de ces antiennes.

Si antiques qu'elles méritent à chaque époque une restauration soigneuse, à laquelle des lignées de conteurs et de conteuses se sont inlassablement consacrées. Issus d'antiques traditions initiatiques, les contes de fées décrivent des réalités intérieuresVoir L'enseignement soufi qui ne peuvent se transmettre autrement. Tous les contes sont des merveilles de double lecture, avec un contenu initiatique aussi puissant que celui du Tarot.Voir page Qu'ils parlent de fées, de géants ou de démons, ils parlent de nous.
Ame naïve qui câline le conte à rebours. Que du puits sorte la vérité déguisée par le mythe ! Ici, la méthode comparative fait merveille.La méthode est signée Platon. Voir Phaéton "Les érudits qui se consacrent à l'étude des folklores n'oublient jamais que ces récits doivent être interprétés. A leurs yeux, ces contes ne sont pas les produits ingénus et limpides de l'imagination des peuples, mais recouvrent un sens plus profond, quelque signification secrète. Les mythologies des peuples classiques, surtout des Grecs, font aussi partie du folklore," écrit Velikovsky.Immanuel Velikovsky, Mondes en collision, 1950. Trad. Jardin des Livres, 2003
Comme EliadeMircea Eliade, mythologue roumain, se découvre à vous dans L'histoire d'avant l'histoire et jadis Platon, Velikovsky avait compris que les mythes et les contes sont de riches filons très exploitables par les historiens, qui pourtant les boudent encore. Les Contes de la Mère l'Oye sont un enseignement initiatique à l'attention des enfants. Ils sont la mère-loi ou l'amère loi que les enfants devront suivre. Mis sous forme imagée, ces récits fonctionnent sur plusieurs niveaux, dont certains au-delà de la pensée logique, tout comme les histoires soufies.Voir L'enseignement soufi

Au-delà des contes, le personnage de l'oie avait jadis une symbolique toute spéciale. L'empreinte de l'oie est celle d'une patte palmée. A ce titre, elle s'apparente à la palme, symbole universel d'excellence. Avant même que les lauriers n'honorent le vainqueur, avoir la palme marquait déjà une forme de maîtrise. La patte d'oie fut aussi le signe distinctif des Cagots, chez qui elle était le plus souvent jaune, et cousue sur l'épaule... les Nazis n'ont rien inventé.
Ils défilaient en claquant les talons de leurs bottes, ein, zwei, d'un pas spécial qu'on appelait le pas de l'oie. La palme de l'oie désignait certain langage codé, fait pour n'être compris que des seuls initiés, la langue des oiseaux, aussi nommée patte-oie, le patois. Au Moyen-Age, le mot "oye" signifiait aussi "entends", qui se prononçait aussi comme "oui" au nord de la Loire. Pour les bâtisseurs des cathédrales, le pédauque ou pied d'oie était un instrument de mesure et un signe de reconnaissance.

La patte d'oie s'apparentera plus tard à la coquille St Jacques, dite aussi mérelle. Mère Aile ? Sur le chemin des Jacquaires ou pélerins de Compostelle, l'oie se retrouve dans une riche toponymie : Oca, Gansa, Ansa... De plus, le cheminement du pélerin ressemble au parcours du jeu de l'oie. Dans la spiraleVoir Spirale vitale du jeu, le Jacquaire retrouve les difficultés du voyage, ses récompenses, ses espoirs, l'auberge et... la mort qui renvoie à la case départ ! L'oie est aussi un symbole important pour de très anciens peuples.
Elle signifie vigilance, prospérité matérielle, mais aussi pureté. L'oie est l'amie d'Aphrodite ; blanche comme la Voie Lactée, elle conduit également à la mort et, par le fait, à la résurrection de l'Esprit. D'où l'on comprendra que les contes pour enfants réunis sous le titre de la Mère l'Oye ne sont pas des songes creux. Ces textes renferment une portée symbolique que l'enfant enregistre pour s'en servir le moment venu.Voir L'enseignement soufi Ils ont un grand pouvoir initiatique et catarsique.De catarsis, nettoyage et guérison intérieurs

Ces diverses informations sont contenues dans la structure du conte, mais aussi dans les accidents du récit. Dans le conte, l'éveil est dans les détails, et non le diable ! Prenons la structure : ce chevalier part à la recherche de la belle princesse qu'il n'a jamais vue, ou juste entraperçue, et dont la beauté l'a saisi. Quand il la trouve enfin, elle est au sommet d'une tour, confiée à la garde d'un dragon redoutable. Pour délivrer la belle, le chevalier doit tuer le dragon. Ou le mettre en fuite.
La tour, dans le Tarot initiatique,Voir page c'est la personne physique, ou plutôt le Moi. Le chevalier doit délivrer la beauté prisonnière dans le Moi, comme l'indique l'arcane XVI, La Maison-Dieu.Voir cette page Poursuivons cette métaphore de l'éveil. Pour y parvenir, le chevalier doit affronter le gardien du Seuil, ce redoutable dragon qui veille au pied du Moi. La princesse libérée figure la montée de la kundaliniVoir Les sept chakras qui entraîne l'effusion de l'éveil.Voir Le tarot de l'éveil Tout l'intérêt de l'affaire, c'est que l'enfant ne perçoit pas ces données.
Il va s'identifier avec le chevalier ou la princesse, voire avec le dragon s'il est anticonformiste. Mais pas avec la tour. Le message secret ne sera décodé qu'avec le temps, exactement selon le processus des histoires-enseignements des Soufis.Voir page Et c'est nécessaire. Imaginons un instant que cette histoire d'éveil de la beauté intérieure soit explicite. Quel enfant s'en soucierait ? Cette question n'est pas de leur âge, mais si on ne leur enseigne pas dès l'enfance, quand le temps viendra, comment seront-ils prêts ?
