Dernière modification le 19/02/2010 à 00h04

L'archéologie,Voir notre fiction Quatre pas dans l'avenir plus que d'autres disciplines scientifiques, est marquée par les croyances et les convictions des chercheurs. A ce titre, elle reste un des domaines scientifiques où les a-prioriLisez Ruine de l'âme font obstacle à de réelles découvertes. Ou bien, quand les découvertes sont faites, et impossibles à dissimuler, l'archéologie occidentale s'ingénie à les passer sous silenceLisez Trop vieux pour être vrai car elles ne cadrent pas avec la représentation actuelle de notre passé. C'est une arnaque.

L’histoire du computeur d’Anticythère en est une belle illustration : l'objet mystérieux fut d'abord ignoré, jusqu'à ce qu'un chercheur courageux -et chanceux- l'exhume des réserves d'un musée. Alors la science, enfin, s'y est intéressée. Et puis le web a volé au secours des chercheurs.

La singulière histoire de cette machine complexe débute à Pâques 1900. Un équipage de pêcheurs d’éponges fuit un coup de vent et se déroute sur l’île d’Anticythère, située entre la Crète et le Péloponnèse. Les plongeurs apnéistes consacrent quelques jours à chercher des éponges sur les rivages de l’île, le temps que la météo s’améliore. Ils découvrent alors une grande épaveLisez Les indiens d'Europe et Longer boats (près de 100 mètres de long !) par 40 mètres de fond. Cette épave contenait notamment plusieurs statues de bronze creux dont le fameux éphèbe d’Anticythère, artefact archéologique extrêmement rare. De retour en Grèce, l’équipage déclare la découverte et le musée d’Athènes s’empresse d’envoyer une équipe.
Au vu de la cargaison du navire antique, on suppose aujourd'hui que le navire était romain, qu’il venait d’Asie mineure, peut-être de Pergame et qu’il avait fait escale à Rhodes. Le naufrage est daté de - 85, soit durant les guerres de Mithridate. Mais revenons à Anticythère, sur le site sous-marin où l'équipe archéologique d'Athènes vient de rejoindre les plongeurs. Contrairement aux prévisions, la fouille s'avéra particulièrement longue et coûteuse. Plusieurs accidents furent à déplorer, dont un mortel. C'est en remontant une statue de marbre représentant un cheval qu'un des plongeurs a été tué. La statue, rompant ses câbles, fut définitivement perdue. Dans la cargaison se trouvait un objet particulier. Quand la gangue éclata, on découvrit divers engrenages et mécanismes. On le prit pour un astrolabe et l’objet fut oublié dans les réserves.
Il faut attendre 1955 pour qu'un chercheur s'y intéresse enfin. Derek de Solla Price, un universitaire britannique, commence une minutieuse étude à laquelle il consacrera le reste de sa vie. En 1980, Internet permet d’intensifier la réflexion autour de l’objet. Quatre reconstitutions sont réalisées. En 2000 l’étude du computeur rassemble environ 150 personnes de plusieurs universités. Les champs d’application vont de l’histoire aux mathématiques en passant par l’astronomie, l’épigraphie ou la géométrie… La recherche a été facilitée par la subvention d’un scanner rayon X capable de montrer l’intérieur des boîtiers sans démontage et avec une précision remarquable.
Le computeur d’Anticythère se présente sous la forme d’un livre, avec plusieurs volets sur un boîtier en forme de boîte à chaussure. Protégée d’une couverture de bronze,Voir L'âge de bronze la première "page" semble être une introduction à l’astronomie. Le début du mécanisme serait un calendrier basé sur le système égyptien (365 jours pour une année). D’autres rouages et systèmes de rails à aiguilles indiqueraient les cycles lunaires, solaires, les éclipses, les vents.

Pour les anciens, la Mécanique est une branche de la Technologie, don de la déesse Techné qui était l’une des épouses de Zeus.Lisez Le règne de Zeus Pour les Grecs, le triomphe de la technologie est l’élément qui permet à l’homme de dominer la nature. Les sources affirment qu’Archimède(-287 à -212) a construit une mécanique complexe, un planétarium. L’innovation réside dans un système de redistribution du mouvement appelé différentiel. Cette invention déterminante et plus ou moins oubliée jusqu’à Léonard de Vinci était pourtant incluse dans le computeur d’Anticythère.
En acquérant ce type de machine, tout aristocrate romain s'assurait une assise et une notoriété sociale exceptionnelle. Par conséquent il est possible que cette mécanique soit le produit d'une commande. Mais il semble plus probable qu’elle soit, au même titre que la cargaison, le butin d’un pillageAuquel cas son origine et son ancienneté nous demeurent inconnues après une victoire militaire. A l’origine la machine donnait la date, le mouvement du ciel mais aussi la direction des vents, leur intensité, leur période (on a longtemps assimilé certains vents à certaines phases lunaires). Enfin la machine était indexée en double, suivant le calendrier olympique grec(360 jours plus 5 jours calendaires) Lisez L'année romaine et le calendrier égyptien.(365 jours, pas de jours calendaires)
La technologieLisez Technologie des dieux et la scienceLisez La science atlante en cliquant sur la touche > ci-dessous ne sont pas des domaines propres à nos siècles. Le computeur d’Anticythère le démontre : les hommes se sont rapidement posés des questionnements importants en matière d’astronomie notamment. Les civilisations qui nous ont précédées ont acquis un certain degré de savoir, avec des moyens limités. Si ce savoir n’est pas forcément quantifiable il est important de ne pas le sous-estimer puisque le computeur d’Anticythère est un objet unique qui démontre l’étendue de la connaissance grecqueOu des connaissances antérieures transmises par les Grecs. Si ces connaissances étaient contemporaines des Grecs, la mécanique d'Anticythère ne serait justement pas un objet unique en matière d’astronomie, de mathématique, de géométrie, d’artisanat et de raffinement culturel. (source)Cette conférence d'Eric Zurcher est une synthèse de son travail de mémoire, lui-même ayant débouché sur une publication.
Ces extraits d'une conférence scientifique résument les connaissances actuelles sur cette calculatrice complexe. Les conclusions du conférencier s'inscrivent dans le droit fil de la pensée dominante actuelle, on n'en fera donc pas grief à l'auteur, qui suit le troupeau. Il n'en est pas moins pénible d'entendre dire à propos des Grecs ou des Romains : "les hommes se sont rapidement posé des questions". Rapidement ! Comme s'ils venaient de descendre du bananier !Lisez Dépasser Darwin Comme si l'histoire de notre espèce commençait avec la Grèce antique !Lisez La vérité sur notre âge
Les anciens Grecs, comme les anciens Egyptiens,Lisez Les Egyptiens volants sont les héritiers d'une très longue période de science et de civilisation. Beaucoup d'entre nous le savent déjà, mais la science n'en sait rien. L'auteur ajoute : "Les civilisationsVoir Typologie des civilisations qui nous ont précédées ont acquis un certain degré de savoir, avec des moyens limités." Si les Grecs ou les Romains avaient bien des moyens limités, les Francs ou les Goths du Moyen-Age avaient des moyens beaucoup plus limités encore. Où est le progrès ici ? La médecine grecque antique était sans doute plus performante que celle des physiciens (médecins) de Molière. Par contre, si on remonte deux ou trois mille ans avant la Grèce Antique, on découvre une médecine et une chirurgie comparable à la nôtre. Les trépanations innombrables du néolithiqueLisez Devenir des dieux en sont la preuve formelle.
Tout se passe comme si la technologie et le savoir-faire n'avait fait que décroître au fil des millénaires, jusqu'au 17e siècle, où s'ouvre enfin une nouvelle ère technologique. Vu sous cet angle, le computeur d'Anticythère n'est pas l'œuvre d'un génial artisan du 1er millénaire av. EC.Signifie "avant l'ère courante". Avant notre ère, quoi. L'artisan, fort habile, n'aurait été que le copiste d'une mécanique bien plus ancienne, elle-même recopiée d'après une autre, etc. C'est ainsi que les fameux portulans de l'amiral turc Piri ReisLisez Ainsi périt l'Atlantide se sont transmis jusqu'à nous.

Le métal, comme le papier, se dégrade avec les années. De zélés copistes, d'habiles artisans ont été régulièrement sollicités pour reproduire des savoirs qui se perdent dans la nuit des temps.Voir Mondes disparus